En Nouvelle-France, la vie quotidienne doit s’adapter aux rigueurs du climat qui décime les premiers habitants et à l’état d’insécurité qu’engendrent les conflits avec les Anglais et les Amérindiens. Constituée au départ de petits groupes d’hommes isolés et parcourant le pays, la société ne se structure qu’avec la création de la colonie royale en 1663, la mise en place d’une administration par l’Église et la monarchie, l’arrivée de nouveaux immigrants venus avec leurs traditions de différentes provinces de l’ouest de la France, et le développement de communautés urbaines autour des établissements hospitaliers et éducatifs. Elle reproduit alors en partie la société de la France d’Ancien Régime. L’élite est composée de nobles, officiers militaires et administrateurs, et de marchands. La hiérarchie reste forte et les différences entre groupes et entre personnes doivent être collectivement respectées. Les signes de distinction que sont la bienséance, les vêtements, l’éducation constituent des moyens de reconnaissance immédiats de la condition sociale. Dans la vie quotidienne, la réglementation s’efforce de les faire respecter. C’est une société moins figée qu’en France et très tôt la place de chacun est fondée sur le mérite, le talent, l’utilité plus que sur la naissance. L’éventail des positions sociales est donc resserré et la population intègre progressivement des caractéristiques liées au territoire, au climat et au contact avec les nations amérindiennes. Au XVIIIe siècle, les habitants de la colonie se définissent surtout comme Acadiens ou Canadiens.
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