Les débuts de la colonisation de la Nouvelle-France sont étroitement liés au renouveau spirituel du catholicisme français de la première moitié du XVIIe siècle. Les fondateurs, aussi bien laïques que religieux, y voient le terrain privilégié pour implanter une pratique religieuse fidèle aux vertus chrétiennes, dans l’esprit de la réforme catholique. Dans cette colonie habitée par un petit nombre de Français, l’Église est d’abord missionnaire, attentive aux Amérindiens dont elle s’efforce de comprendre la spiritualité pour mieux les convertir. Toutefois, leur évangélisation n’aura pas les résultats escomptés. Parallèlement, les religieux et religieuses œuvrent auprès de la population française. Plusieurs communautés s’établissent en Nouvelle-France dès les premières décennies, fondant des maisons d’enseignement, des hôpitaux et des hospices. François de Montmorency-Laval arrive à Québec en juin 1659 comme vicaire apostolique, y fonde un séminaire en 1663 pour la formation des prêtres et devient, en 1674, le premier évêque de la Nouvelle-France. À partir de cette période, l’Église établit des structures paroissiales pour répondre aux besoins de la population croissante. Si, tout particulièrement au XVIIIe siècle, les Canadiens suivent plus ou moins fidèlement les règles et les enseignements du clergé, la religion catholique n’en demeure pas moins un des fondements majeurs de la société de la Nouvelle-France où l’Église et l’État travaillent en étroite collaboration.