Le commerce des peaux et fourrures, les riches pêches de Terre-Neuve et le développement inégal de leurs colonies provoquent des affrontements entre la France et l’Angleterre en Amérique du Nord. Les Iroquois, alliés des Anglais, se révèlent également des ennemis persistants. La paix avec les nations amérindiennes, en 1701, assure toutefois la neutralité des Iroquois dans les nombreux conflits armés du XVIIIe siècle. Pour la sécurité de la colonie, une milice locale est créée à Montréal en 1663, et le système est généralisé à l’ensemble du territoire six ans plus tard. En ce qui concerne les troupes régulières, le roi Louis XIV envoie en 1665 le régiment de Carignan-Salières, qui contribue à contenir la menace iroquoise. De 1683 à 1688, ce sont plusieurs régiments des troupes de la Marine qui s’installent au Canada. Les Compagnies franches de la Marine sont destinées à servir outre-mer, par opposition à l’armée de terre concentrée en Europe. Louis XIV établit ainsi de fortes garnisons entretenues par le trésor royal et recrutées dans la population locale. Les militaires canadiens et les miliciens se distinguent par leur tactique d’attaques par surprise, à l’instar du combat à l’indienne, d’une redoutable efficacité. Il faut attendre 1755 pour que des régiments des troupes de terre soient envoyés pour défendre la colonie. Lors de la guerre de Sept Ans, les forces françaises, d’abord victorieuses, n’arrivent pas à résister à la puissance de l’armée anglaise, et finissent par capituler.